Dimanche, après le dîner, j’ai appelé l’Indiana. Ma mère avait lu le sondage des general managers de la NBA. Elle lit tout, ma mère, surtout ce qui sort avant la saison, parce qu’après, dit-elle, il faut regarder les matchs.
Elle m’a dit : les Spurs sont favoris à 50 %, le Thunder à 43 %. Les Knicks et les Sixers se partagent le reste. Elle a fait une pause. Les Knicks sont champions, Darnell. Et ils sont dans le reste.
Let me tell you, ça m’a rappelé 2000. Ma première saison à Charleroi. Le club avait fini en haut l’année d’avant, et à la réunion d’août, personne ne parlait de nous. On parlait de l’équipe qui venait de recruter, de celle qui avait une nouvelle salle. Moi, j’étais arrivé avec un sac, un contrat d’un an, et je ne comprenais pas. Un monsieur à la buvette m’a expliqué : ici, ceux qui ont gagné, on vérifie d’abord s’ils l’ont vraiment fait. Puis on dit « pas mal ». Puis on parle des autres.
J’ai essayé d’expliquer ça à ma mère. Que les GM regardent l’année qui vient, pas l’année passée. Que les Spurs ont un MVP désigné à 77 % et un jeune, Dylan Harper, qui doit exploser. Qu’à l’Ouest, c’est cinquante-trois contre quarante-sept. Que tout le monde fait des projections en octobre.
Le champion dans le reste, c’est comme le bénévole qui a tout fait l’an dernier : on oublie de le remercier, et il revient quand même, hein.
Elle a écouté jusqu’au bout. Ma mère écoute toujours jusqu’au bout. Puis elle a demandé : et les Knicks, ils ont rempli le questionnaire, eux aussi ?
J’ai dit oui, les trente franchises ont répondu.
Elle a dit : donc même chez eux, quelqu’un a voté pour un autre. Tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.




