Orlando contre Cleveland. Noah Penda s’élève près du cercle. Dunk. Et moi, dans ma tête, je suis déjà au micro, samedi soir, huit heures et demie, les deux projecteurs de la fancy-fair braqués sur la raquette.
« Mesdames et messieurs, dames en heren… [jingle] … Noah… (deux secondes de blanc) … Pendaaa ! »
Voilà. C’est le moment. Sauf que pendant que je crie, il redescend, il est encore accroché à l’arceau, et le ballon, qui n’avait pas complètement traversé le filet, lui rebondit sur la tête. Il remonte. Il repasse dans le cercle. Les arbitres sifflent une « basket interference ». Deux points annulés.
Basket USA explique que c’est la règle 11 du règlement NBA : toucher le ballon dans le cylindre au-dessus du cercle, ou l’empêcher de traverser complètement le filet, c’est sanctionné. Il n’avait aucune intention de le faire. Ça compte pas quand même.
Et moi j’ai un problème de speaker. Un panier refusé, je sais faire : je n’annonce pas. Mais celui-là est rentré deux fois. Qu’est-ce que je dis ? « Merci monsieur l’arbitre » ? Je présente quoi, la règle 11 ? Je n’ai pas de jingle pour un cylindre.
Je l’ai fait quand même, dans le salon, pour voir. J’ai crié le prénom, puis j’ai laissé le micro sur la table. La sono, chez nous, aurait coupé toute seule, elle a un avis.
Il a fini avec cinq points, quatre rebonds, trois passes, une interception et un contre en quatorze minutes, pour sa deuxième saison à Orlando. Les cinq points, je les annonce. Les deux autres, je les garde au chaud. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.



