La NBA a fait environ 14,5 milliards de dollars de revenus la saison passée. Les trente franchises en ont gardé 13,7, ça fait 456 millions en moyenne par équipe. J’ai lu ça sur le coin de la buvette, entre deux jetons, et j’ai reposé la jatte de café.
Je ne vais pas convertir, ce serait ridicule. Chez nous, la tombola de Pâques, c’est un jambon, un panier garni et une bouteille offerte par la friterie, qui a des exigences. Je ne vois pas combien de jambons il faut pour faire 456 millions, et je ne veux pas le savoir. Je vois les chiffres et je ne dors pas.
Ce qui m’a plu, par contre, c’est le partage. Les équipes qui gagnent le plus versent quelque chose, la moitié de la taxe de luxe s’y ajoute, et environ 400 millions repartent vers celles qui gagnent le moins. Les Golden State Warriors sont en tête avec 895 millions, les Memphis Grizzlies en bas avec 339. Chez nous, ça s’appelle la caisse commune du tournoi de Pâques : celui qui a vendu le plus de cornets aide celui qui a oublié la monnaie. On ne fait pas de communiqué, on fait un sourire à la réunion de comité.
Il y a un détail que je retiens, hein. Le montant des franchises inclut les événements non NBA dans les salles qu’elles possèdent ou qu’elles gèrent. Donc chez eux aussi, la salle ne sert pas qu’au basket. Nous, c’est le badminton le mardi et le volley le jeudi, avec trois jeux de lignes au sol pour que tout le monde s’y retrouve. Je ne suis pas jalouse, je suis présidente : je sais ce que c’est, une salle qu’il faut faire tourner.
Trente salles, donc. Je pense surtout à la personne qui ferme chacune d’elles après l’événement, après le match, quand tout le monde est parti. Personne ne l’applaudit, et ce n’est pas dans les 14,5 milliards. Moi, j’ai encore la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.



