Septante-huit, septante-huit. Quelques secondes. Donar Groningen contre Leuven Bears, deuxième journée. Alex Merkviladze prend le ballon dans sa propre moitié et il tire. À la sirène, dedans. Quatre-vingt-un, septante-huit. Sporza dit que c’est un des temps forts de la saison. Moi je dis que c’est un moment.
Je l’ai refait dans ma cuisine, micro imaginaire, comme si c’était chez nous le samedi à huit heures et demie.
« Mesdames et messieurs, dames en heren. Le panier de la victoire, depuis sa propre moitié de terrain, numéro… » Blanc de deux secondes. « …Alex… MERKVILADZE ! » [jingle] [sirène] [jingle encore, parce que je l’ai coupé trop court].
C’est ça, le problème. Un buzzer beater, normalement, j’ai trente secondes de temps mort avant pour préparer. Là, rien. Le ballon part de si loin que le temps qu’il arrive, j’aurais à peine trouvé la bonne piste. La sono a un avis, elle aurait lancé la musique de la mi-temps.
La sirène a sonné. Le reste, tu l’annonces après.
Et je remercie les Leuven Bears, nos invités ce soir-là, qui ont tenu jusqu’à la dernière seconde. Ils méritent leur musique aussi.
J’ai préparé le jingle, au cas où quelqu’un tente ça en deuxième landelijke. Il dure trois secondes. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.



