Les Lakers ont battu les Warriors cent vingt-sept, cent cinq, au premier match de la saison. Le rookie de Golden State, Yaxel Lendeborg, douze points, a passé le match à parler à Luka Doncic, vingt-huit points. Après, il a dit à BasketNews : « Mais une fois dedans, à voir de près toutes ces jérémiades et ces plaintes, j’ai perdu beaucoup de respect pour lui. C’était tout. »
Doncic, lui, a dit : « Tout le monde sait que quand quelqu’un commence à parler, on a un autre moi. » Deux déclarations, deux salles de presse, et un match déjà fini. Hein.
Moi, le respect perdu, je connais. Chez nous, on le perd vers le deuxième quart, quand ça s’échauffe sous le panier réglable, et on le retrouve à la buvette, entre deux jetons, à côté de la jatte de café. Personne ne fait de déclaration : on n’a pas de micro, on a un thermos. Le respect revient tout seul, en général avant que le minibus démarre. Ça, chez nous, c’est une saison entière de matchs qui se terminent bien.
Là-bas, ils ont quatre-vingt-deux matchs. Le respect perdu un mercredi d’octobre, il a encore le temps de revenir. Steve Kerr a dit de son rookie qu’il doit apprendre ces choses-là. Je ne suis pas jalouse, je suis présidente : je sais qu’on apprend surtout en rangeant les chaises avec celui qu’on a engueulé.
Je ne note pas le respect. Je note les fautes. Il en a quatre.
Je leur souhaite une buvette, à tous les deux. Une petite, avec des jetons. Moi, il fait caillant dans la salle et j’ai encore la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.


