Les Kings de Sacramento ont perdu cent seize, cent trois contre les Lakers. Après le match, Zach LaVine a dit à BasketNews qu’ils avaient de mauvais défenseurs dans leur équipe, « mais nous aussi ». J’ai lu ça à la buvette, entre deux caisses de jetons, et j’ai posé le bic.
Parce que ça, je connais. C’est mon discours d’assemblée générale. Chaque année, en septembre, je me lève et je dis que le club d’Andenne a un chauffage qui ne marche pas. Et puis je regarde le nôtre, et j’ajoute : nous aussi. Personne n’applaudit, mais personne ne conteste. C’est la phrase la plus honnête d’une présidente, hein.
Lui l’a faite en une respiration, devant des micros. Moi il me faut un ordre du jour, une jatte de café et le trésorier qui hoche la tête. Je ne suis pas jalouse, je suis présidente.
Il a aussi parlé de Luka Doncic, qu’il a appelé « l’un des joueurs les plus talentueux de tous les temps ». Doncic tournerait à environ quarante points de moyenne en ce début de saison, selon LaVine. Quarante, chez nous, c’est le score de mes U10 sur un samedi entier, les deux équipes ensemble, et on fête ça au thermos.
Il a dit « nous aussi ». Dans une défaite, c’est déjà une défense.
Ce que j’aime, c’est qu’il n’a laissé personne en dehors. Les leurs, les siens. Comme quand je dis que toute la salle doit ranger les chaises, y compris le comité. Surtout le comité.
Ce soir, il fait caillant dans la salle, et les chaises du badminton sont restées dépliées. J’ai encore la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.



