Denver a gagné contre Chicago, cent trente-trois à cent vingt-huit, en pré-saison. Nikola Jokic a fait son triple-double en vingt-six minutes, vingt-deux points, onze rebonds, dix passes, puis il s’est assis. Et là, il n’a pas arrêté. Selon BasketNews, il a guidé ses coéquipiers dans les possessions et signalé des détails tactiques, comme un entraîneur de plus.
Un triple MVP qui reste jusqu’au bout d’un match qui ne compte pas. Ça, chez nous, ça a un nom : le bénévole du samedi de jeunes. Celui qui a fini son service à la buvette à quatorze heures et qui est encore là à dix-sept, debout derrière le banc des U12, à dire au petit de se replacer. Personne ne le lui a demandé. Il reste, hein.
On lui a demandé pourquoi. Il a dit aimer gagner et aimer le basket. Et puis : « chaque jour, les détails comptent, surtout quand les jeunes jouent ». J’ai lu ça deux fois. C’est exactement la phrase que je n’arrive pas à mettre sur l’affiche quand je cherche des volontaires.
Le dimanche matin, j’ai des parents qui restent pour regarder. C’est la même chose, avec moins de passes.
Je ne suis pas jalouse, je suis présidente. Je lui souhaite, à Denver, quelqu’un qui reste aussi pour la fin de la fin, quand les jeunes sont rentrés et que la salle est vide. Chez nous, ce quart-temps-là, c’est moi, avec les chaises. Il fait caillant, et j’ai encore la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.


