Dimanche, j’appelle ma mère, en Indiana, après le dîner. Cette semaine, c’est elle qui avait une question. Elle avait vu passer la phrase de Jaylen Brown.
Je lui ai raconté ce que j’avais lu chez BasketNews. Dix saisons aux Celtics. L’an dernier, 28,7 points, 6,9 rebonds, 5,1 passes, 71 apparitions et 56 victoires. En juillet, Boston l’a transféré à Philadelphie contre Paul George, deux choix de premier tour et deux de second tour ; selon BasketNews, pour des raisons financières. Samedi, il retourne à Boston avec les 76ers, en présaison. Et vendredi, sur Twitch, il a dit que c’était comme croiser son ex en public : « Zut, on était ensemble. » Tu la regardes, tu fais « mince », et tu dois juste continuer ta route. Puis : « C’est comme c’est. Mais non, je suis super excité. »
Ma mère m’a demandé si moi, j’avais une ex comme ça.
Let me tell you : je suis venu pour un an, en 2000, avec un sac et un contrat d’un an, dans un club de Charleroi. Le contrat ne s’est pas prolongé. Moi si. Alors pendant des années, je suis retourné dans cette salle avec des lignes de badminton, pour voir mes jeunes jouer en face. Même chauffage. Même café. Et chaque fois, à la porte, la même chose dans la poitrine. Ici, on appelle pas ça une ex. On dit bonjour à la dame de la buvette et on s’assied dans la tribune d’en face.
Il a pris la tribune d’en face pendant vingt ans, hein. Et le café du club quand même.
J’ai expliqué à ma mère que ça ne se passe pas mal. Que tu regardes, tu dis « mince », et tu joues. Qu’il y a même une revanche la semaine d’après, à Philadelphie, dans l’autre sens.
Elle a réfléchi. Elle a demandé : et quand on croise son ex une deuxième fois, la semaine suivante, chez soi, c’est encore une ex ou c’est un voisin ?
Je n’ai rien répondu. Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.




