Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère, en Indiana. Elle n’a pas dit bonjour. Elle a dit : nonante-quatre, quatre-vingt-trois. Elle compte en français pour me faire plaisir depuis 2001.
Le Fever est éliminé. Las Vegas a gagné le Game 3 et va en demi-finales. A’ja Wilson a mis trente-six points. Caitlin Clark en a mis dix-huit, à trente-trois pour cent aux tirs. Au Game 2, elle avait égalisé la série avec vingt-sept points et quinze passes. Ma mère avait regardé ce match-là deux fois.
Elle m’a demandé ce que je pensais des lancers francs. Trente-cinq pour Las Vegas, vingt pour Indiana. La coach, Stephanie White, a trouvé l’arbitrage « épouvantable », elle l’a dit après le match. Et Caitlin Clark a murmuré « Hmmm, interessant », selon Sporza. Ma mère a trouvé que c’était la meilleure conférence de presse de l’année.
Moi, je lui ai parlé de 2000. Ma première saison à Charleroi, une salle avec des lignes de badminton, et un soir où on a tiré beaucoup moins de lancers que l’équipe d’en face. J’étais furieux. Mon coach de l’époque m’a dit : ici, quand on perd, on vérifie d’abord. Alors on a vérifié. On avait pris onze rebonds offensifs de moins. Let me tell you, ça m’a calmé.
Les fundamentals, c’est ça aussi : avant de compter les sifflets, tu comptes les box-out.
J’ai expliqué ça à ma mère. Elle m’a écouté jusqu’au bout. Puis elle m’a demandé : et Las Vegas, ils en ont mis combien, de leurs trente-cinq ? J’ai dit vingt-huit. Et Indiana, de ses vingt ? Quatorze.
Elle a dit : donc ils ont aussi raté ceux qu’on leur a donnés. J’ai dit que je n’allais pas écrire ça. Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.




