Dimanche, au téléphone avec l’Indiana, c’est ma mère qui a commencé. Elle avait vu que Dallas avait coupé Jorge Diaz Graham jeudi, puis signé son frère jumeau, Guillermo, cinq heures plus tard. Elle voulait savoir si c’était une erreur de la franchise.
J’ai expliqué ce qu’écrit Eurohoops : une manœuvre formelle d’effectif. On échange un frère contre l’autre, Guillermo devrait lui aussi être libéré bientôt, et les deux doivent passer la saison aux Texas Legends, en G League. Là-bas, on appelle ça du roster management. Ici, je n’ai jamais trouvé de mot, parce qu’ici, personne ne le fait en cinq heures.
Let me tell you : en 2000, à Charleroi, le club voulait un deuxième Américain. Il n’y avait pas de jumeau. Il y avait moi, mon sac, et un contrat d’un an. Personne n’est arrivé cinq heures après pour me remplacer. Le contrat a tenu. Le sac aussi.
Ma mère a voulu le parcours. Trois ans ensemble à Pittsburgh. Une saison séparés, Oregon State pour Jorge, San Francisco pour Guillermo. Ensuite la Summer League ensemble à Dallas, puis premier et troisième choix des Legends. Mercredi, Jorge avait encore joué douze minutes contre New Orleans : cinq points, trois rebonds.
Elle m’a demandé s’ils défendaient. J’ai dit que je ne savais pas, que je n’avais pas vu les douze minutes. Elle a soupiré, comme chaque dimanche.
Puis elle a dit que c’était la première fois qu’elle voyait une franchise régler un problème de place comme une mère règle les chambres : on ne sépare pas ceux qui ont l’habitude de partager, on les envoie au même endroit et on ferme la porte. Elle a ajouté que Dusty May aurait au moins un vestiaire en ordre pour les Hawks vendredi.
J’ai dit qu’il restait Houston mercredi prochain. Elle a dit : tu vois, ça, c’est un calendrier, pas un problème.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.




