Caleb Wilson, rookie des Bulls, premier match de présaison contre les Suns, dans le cinq de départ. Quatre minutes de jeu, et ses premiers points avec les Bulls, sur un fadeaway. Un fadeaway. Pour ouvrir son compteur. Tu sais ce que ça veut dire au micro ? Ça veut dire qu’on te sert le moment sur un plateau.
Alors je le refais, comme je l’aurais fait samedi à huit heures et demie. Les deux projecteurs de la fancy-fair. Le concierge qui éteint la moitié des néons, comme d’habitude. Mesdames et messieurs, dames en heren, ses premiers points sous le maillot des Bulls, en reculant, numéro et poste à l’appui, il vient de North Carolina… [blanc de deux secondes] … Caleb Wilson ! [jingle] Faites du bruit.
Et là, chez nous, la sono a un avis : elle lance le jingle de la mi-temps. Mais le bruit est le même.
Ce qui m’a vraiment eu, c’est après. Il a fini à quinze points et quatre rebonds, et il s’est donné une note, chez Basket USA : « Je me donnerais certainement un B. » Il a même expliqué que la présaison ne compte pas statistiquement, « mais nous sommes des êtres visuels ». Des êtres visuels. C’est ma phrase. C’est toute ma carrière de speaker résumée par un rookie de Chicago. Si on voit quelque chose d’impressionnant, on s’y intéresse : voilà pourquoi je me bats pour le noir complet depuis trois saisons.
Il veut travailler sa défense, plus de communication. Ça, je peux aider, j’ai un micro.
Prochain rendez-vous, les Grizzlies, vendredi, encore quatre matchs avant la vraie saison. Moi, son B, je l’aurais annoncé avec le jingle. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.



