Caleb Wilson, le rookie des Bulls, a joué son premier match de présaison contre les Suns. Chicago a gagné, il a marqué 15 points, pris 4 rebonds, et après, il s’est donné une note. Un B. Tout seul, selon Basket USA. Moi, je trouve ça très courageux, hein.
Parce que chez nous, personne ne se note. On n’ose pas. Si je faisais le bulletin de mon club, je saurais par où commencer : le minibus, A, il démarre. Le chauffage, je préfère ne pas en parler en octobre. La buvette, B, comme lui : des erreurs, mais c’était attendu. Les tribunes télescopiques, elles, sont absentes ce trimestre, elles se déplient quand elles veulent.
Ce qui m’a touchée, c’est l’autre phrase. Il a dit : « La présaison ne compte pas statistiquement, mais nous sommes des êtres visuels. » Je suis bien d’accord. Chez nous, le premier samedi de la saison non plus ne compte pas, mais c’est ce jour-là que les parents décident s’ils reviennent. Tout se joue sur la première impression : la jatte de café chaude, le parquet qui ne colle pas encore, quelqu’un à l’entrée pour dire bonjour. Lui a eu un fadeaway après quatre minutes. Nous, on a le pistolet au jambon à la mi-temps. Chacun son visuel.
Il veut améliorer sa défense, la communication surtout. Je lui souhaite des coéquipiers qui parlent. Chez nous, ils parlent beaucoup, mais surtout du parking.
Il lui reste quatre matchs de présaison, les Grizzlies vendredi. Je ne suis pas jalouse, je suis présidente : je me mettrais un B aussi, si quelqu’un me demandait. Personne ne demande. J’ai encore les chaises à ranger.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.



