Austin Reaves a dit à ESPN LA, en souriant, que le plus dur avec Luka Doncic, c’est de comprendre son anglais sur le terrain. Doncic parle vite, il passe au slovène, au serbe. Quatre langues en tout, selon Reaves. Et parfois, a-t-il dit, il le regarde et se dit : « Anglais. Parle-moi en anglais. J’ai besoin d’anglais. »
Je l’ai lu sur mon GSM, derrière le comptoir, entre deux jetons. Et j’ai tout de suite pensé au tableau de la buvette. Chez nous, il y a un tableau blanc à côté de la machine à café. On y écrit les horaires, les déplacements, qui conduit le minibus. Il y a quelques saisons, quelqu’un a écrit « Andenne, 14 h » en flamand pour faire plaisir à un papa, un autre a corrigé en français, un troisième a ajouté une flèche. Le samedi, le minibus est parti avec la moitié de l’équipe. L’autre moitié attendait au bon endroit, à la mauvaise heure.
Voilà ce que c’est, quatre langues sur un terrain. C’est notre tableau blanc, mais qui court.
Une seule langue sur la feuille. Après, c’est de la conversation.
Les Lakers repartent avec ces deux-là au centre, après les huit saisons de LeBron James. Une nouvelle maison, en somme. Je ne suis pas jalouse, je suis présidente : je sais ce que c’est, de remettre tout le monde d’accord sur l’heure et sur les mots. Je leur souhaite quelqu’un qui tient le tableau, et qui efface les flèches.
Moi, il est onze heures, et j’ai encore le tableau à effacer avant de rendre la clé.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.


