Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. Je lui ai expliqué qu’en EuroLeague, Olympiacos avait gagné à Valence, 102-97, après prolongation. Et qu’au début du troisième quart, Valence menait 62-34.
Elle a fait le calcul plus vite que moi. Vingt-huit points. Elle m’a demandé si quelqu’un avait défendu. J’ai dit : maman, moi, je te donne le score, pas les explications. Dix-sept minutes après le 62-34, Olympiacos menait 88-86, sur des points de Mbaye Ndiaye.
Let me tell you, ça m’a rappelé 2000. Ma première saison à Charleroi. Un samedi, on menait de vingt points à la mi-temps, dans la salle avec les lignes de badminton. Le coach nous a dit de garder le ballon. On a gardé le ballon. Les autres l’ont pris. On a perdu de deux. Je ne sais plus contre qui, mais je me souviens du chauffage qui s’est mis en route au quatrième quart, comme pour nous réveiller.
J’ai dit à ma mère que c’était un record égalé. Le Prokom, en 2012/13, mené de vingt-huit chez lui contre Montepaschi Siena, avait gagné. Personne depuis. Elle a voulu savoir pourquoi personne n’avait refait ça en treize ans. J’ai dit que je n’avais pas la réponse. Ici, quand on gagne, on vérifie d’abord. Alors j’ai vérifié : vingt-huit points remontés, deux fois dans l’histoire de la compétition. Le reste, je le laisse aux consultants.
Vingt-huit points, chez nous, c’est le moment où on sort les pistolets de la buvette.
Puis je lui ai dit le dernier fait : les deux équipes ont quatre victoires en cinq journées. Exactement le même bilan. Elle a réfléchi. Elle a dit : donc celui qui a mené de vingt-huit et celui qui a été mené de vingt-huit sont à égalité. J’ai dit oui. Elle a dit : tu vois, c’est pour ça qu’on joue quarante minutes.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.




