Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. Elle avait vu le match avant moi, comme toujours. Golden State a battu les Lakers 112-95 vendredi, en ouverture de la NBA Cup, après avoir été mené de 25 points. Stephen Curry, 31 points, et ce crossover sur Luka Doncic au troisième quart avant un trois points. Elle m’a dit : ça, c’est du basket.
Puis elle m’a parlé du rookie. Yaxel Lendeborg, 24 ans, six points, cinq balles perdues, -20, le pire du match. On lui a demandé quelle leçon il tirait de la soirée, et il a répondu, selon BasketNews : « Essayer de ne pas me rater aussi fort que moi. » Ma mère voulait savoir si en Belgique, un joueur dirait ça.
J’ai réfléchi. En 2000, mon premier match à Charleroi, j’ai perdu trois ballons dans le premier quart, dans une salle avec des lignes de badminton. Après, à la buvette, quelqu’un m’a demandé comment ça allait. J’ai dit : ça allait. C’était la première expression belge que j’ai apprise, et je l’ai utilisée pour mentir.
Lui n’a pas fait ça. Il a même expliqué qu’il avait essayé de garder son calme, de ne pas entrer dans les échanges. Et il a classé le crossover de Curry deuxième meilleur moment de Curry qu’il a vu en personne. Un soir à -20, il a quand même su reconnaître un beau geste. Let me tell you, ça, je l’apprends à mes U10 le dimanche matin : on regarde le jeu, même le jour où le jeu ne t’aime pas.
J’ai demandé à ma mère ce qu’elle en pensait. Est-ce qu’on lui reprocherait sa phrase ?
Elle a dit : il a répondu à la question qu’on lui a posée, Darnell, toi, tu as répondu « ça allait ». Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.



