Dimanche, après le dîner, j’ai appelé l’Indiana. Ma mère avait vu le score avant moi. Sacramento, cent douze, Memphis, cent vingt-trois. Trois matchs, trois défaites.
Elle voulait que je lui explique la conférence de presse de Zach LaVine. Il a dit, en anglais, et je le redis en français, que l’équipe devait trouver un leader pour donner le ton. Que ça peut venir d’en haut, ou d’un joueur comme Chris Paul, un leader de très haut niveau, ou d’un coach vétéran, ou même d’un bench coach. BasketNews y voit une pique discrète à l’entraîneur Doug Christie. J’ai dit à ma mère que je ne savais pas. Je ne sais pas ce qu’il y a dans une phrase quand la phrase ne le dit pas.
Let me tell you, en 2000, à Charleroi, j’avais un contrat d’un an, un sac, et une salle avec des lignes de badminton. Le premier soir, le coach a demandé qui était le leader. Personne n’a levé la main. Un vieux pivot a ramassé les chasubles. On a compris.
LaVine a dit aussi le plus honnête : ils n’ont pas ça maintenant, ça ne viendra pas de sitôt, il faut trouver ensemble les forces de chacun. Ma mère a écouté les chiffres. Sabonis, dix-sept rebonds par match. Elle a aimé. Ça, c’est des fundamentals.
Cent vingt-trois points encaissés. Je note, sans avis.
Puis elle a posé sa question, celle de toujours. Cent vingt-trois points contre eux : est-ce que quelqu’un a défendu ? J’ai dit qu’on cherchait justement un leader. Elle a dit : le leader, c’est celui qui défend le premier. Il n’a pas besoin d’être nommé, on le voit.
Mardi, ils jouent les Spurs. Elle regardera. Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.


