Dimanche, après le dîner, ma mère m’attendait avec une vidéo. Elle l’avait vue trois fois. Les 76ers à Boston, en présaison, Jaylen Brown et Jayson Tatum à quelques pas à l’échauffement, et rien. Pas un regard. Elle voulait que je lui explique.
J’ai expliqué ce que je savais. En juin, Boston a envoyé Brown à Philadelphie, contre Paul George et plusieurs choix de draft. Il sortait de sa meilleure saison, vingt-huit points sept de moyenne, cinquante-six victoires. Et depuis, selon BasketNews, ils ne se seraient pas reparlé. Sur ESPN, Malika Andrews a raconté qu’au media day de Philadelphie, elle lui a posé la question. Réponse un peu floue, a-t-elle dit, mais l’essentiel : « Non, pas vraiment. J’ai pris mon chemin et il a pris le sien. »
Ma mère a demandé ce que j’en pensais. Je n’en pense rien, je ne connais ni l’un ni l’autre. Je connais un échange, c’est tout.
Let me tell you ce que je connais. En 2000, je suis parti de l’Indiana avec un sac, pour un an, à Charleroi. Mon meilleur coéquipier de l’université, je ne l’ai pas appelé pendant deux saisons. Pas fâché. Le décalage horaire, le prix du téléphone, une salle avec des lignes de badminton, et à la fin on ne sait plus par où commencer. Là-bas, on appelle ça moving on. Ici, on appelle ça « on se verra à la buvette ».
Le 10 novembre, les Celtics viennent à Philadelphie. Ce sera leur première confrontation possible en saison régulière. J’ai dit à ma mère que ça règlerait peut-être les choses, un match.
Elle a réfléchi. Puis elle a dit que le match, ça ne compte pas, qu’on ne se parle pas pendant un match, on défend. Et qu’en Indiana, quand quelqu’un part, on appelle avant que la vidéo sorte.
Elle a dit : tu vois. Je lui ai demandé si elle parlait de mon coéquipier. Elle a raccroché pour aller arroser.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.




