Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère, en Indiana. Je lui ai parlé de Jasmine Bailey, la joueuse de Chartres. La fédération française l’a suspendue jusqu’au 22 octobre en championnat. Pas pour une faute. Pour un cumul de fautes techniques sur la saison 2025-2026.
Ma mère m’a demandé combien. Je lui ai lu l’article 1.1.15, celui que la FFBB utilise : « peut être sanctionnée toute personne (physique ou morale) qui a cumulé plusieurs fautes techniques du Groupe 1 (comportement incorrect) ». Plusieurs. Elle a répété le mot. Elle aime les chiffres, ma mère, et là, il n’y en a pas.
Let me tell you : en 2000, dans la salle de Charleroi avec les lignes de badminton, j’ai pris ma première technique en Belgique. J’avais parlé trop longtemps à l’arbitre. En anglais. Il ne m’a pas compris, mais il a compris le ton. Ce jour-là, j’ai appris que le ton passe toutes les langues.
Je lui ai donné le reste. Cinq matchs : les deux premières journées, Bourges, Angers, Villeneuve-d’Ascq. Le club n’a pas fait appel, il veut « respecter la décision ». Le coach, Julien Pincemin, a dit que jouer sans elle, c’est « compliqué, très compliqué ». Et sur le terrain, elle fait tout : 12,9 points, 7,5 rebonds, 4 passes, 2,8 interceptions de moyenne. Elle a fait son travail, je l’ai dit à ma mère deux fois. Elle a joué trente-deux minutes jeudi en EuroCup, et elle pourra jouer à Namur dans dix jours.
Ma mère a voulu savoir pourquoi elle peut jouer en Europe et pas en France. J’ai dit : la suspension vient de la FFBB, et elle vaut pour la Boulangère Wonderligue. L’EuroCup, elle, continue. Ici, on appelle ça normal. Là-bas, on appelle ça une question pour la radio.
Deux compétitions, deux calendriers, une seule joueuse. Il lui faut une présidente, hein.
Ma mère a réfléchi. Puis elle a dit : « Avec 2,8 interceptions, elle défend. Le reste, c’est de la conversation. » Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : BeBasket.


