Trente points pour un Belge en NBA, record personnel. Ajay Mitchell, Oklahoma City, cent vingt-cinq, cent quatorze contre Phoenix. Je l’ai lu et j’ai entendu le jingle dans ma tête. Alors on fait ça proprement, comme un samedi soir à huit heures et demie.
Le concierge éteint. La moitié des néons, comme d’habitude. Les deux projecteurs de la fancy-fair se cherchent au milieu du terrain. [jingle] « Mesdames et messieurs, dames en heren, c’est le moment. Meilleur marqueur de son équipe, trente points, dix sur seize au tir, neuf sur dix sur la ligne, cinq passes… » Et là, le blanc. Deux secondes. Personne ne respire. « … Ajay… Mitchell ! »
Voilà. C’est ça qu’il mérite. Un prénom après un silence. Shai Gilgeous-Alexander, vingt-six points, il aurait sa présentation aussi, le même noir, la même musique, juste avant. Le Thunder a mené toute la partie, quatorze points d’avance à la pause, soixante-sept, cinquante-trois. Quatre matchs, quatre victoires. Ça mérite un générique.
Je l’ai fait en vrai, hier, dans le hall vide, pour vérifier le timing. La sono a eu un avis. Elle a coupé le jingle pendant le blanc, et le prénom est tombé dans le silence total.
Deux secondes de blanc, c’est deux secondes. Je les ai notées.
Vingt-cinq minutes et vingt-huit secondes sur le terrain, trente points. J’ai trente secondes de temps mort et je les donne. Je dis ça, je dis rien. Pas mal, le gamin de chez nous.
Le fait est vrai, on a vérifié : L'Avenir.



